Le syndrome des ovaires polykystiques, ou le SOPK, est une pathologie bien plus répandue que ce que l’on pourrait croire.

Alors, pour le mois de sensibilisation à ce syndrome, nous avons eu la chance d’interviewer Ophélie, présidente et fondatrice de l’association Asso’SOPK pour répondre à nos nombreuses questions sur cette pathologie.

Atteint.e de cette maladie ou non, si vous voulez en savoir plus sur le SOPK, c’est ici que ça se passe !

L’interview vidéo se trouve sur notre Instagram, n’hésitez pas à y faire un tour !

 

#1 : Le SOPK, c’est quoi ?

Ophélie nous explique : « c’est une pathologie chronique et endocrienne qui touche 1 femme sur 7 […] bien qu’aujourd’hui les chiffres tendent plutôt vers 1 femmes sur 5 ».

En bref, c’est une pathologie causée par un dérèglement hormonal (présence exacerbée d’androgènes), qui vient causer l’apparition de follicules (contenant des ovules/ovocytes) sur les ovaires en trop grande quantité.

Dans les faits, le nom porte à confusion, puisqu’on ne parle pas ici de « kyste » mais bel et bien de « follicule ».

Aujourd’hui, la pathologie est encore, selon Ophélie, trop méconnue et mal reconnue.

SOPK x Asso'SOPK

#2 : Quels sont les symptômes les plus fréquents du SOPK ?

D’abord, cela va être des signes d’hyperandrogénie : pilosité exacerbée, acné, perte de cheveux.

Mais aussi des troubles du cycle menstruel : irrégularité voire absence de règles, accompagnés de douleurs.

Le poids est aussi souvent un indicateur pour le SOPK : les personnes atteintes ont tendance à prendre du poids plus facilement que la moyenne. Une perte de poids est possible aussi, bien que plus rare.

 

#3 : Quel est le parcours vers un diagnostic ?

Pour qu’il soit prononcé, il faut la présence d’au moins 2 des 3 critères de Rotterdam :

  • Hyperandrogénie clinique (acné, alopécie*, hirsutisme**) ou biologique

*perte de cheveux importante **pilosité répartie de façon « masculine » (visage, torse…)

–  Troubles du cycle menstruel

– Augmentation du volume des ovaires à l’échographie

Le diagnostic met en général plusieurs années avant d’être prononcé. En moyenne, on parle de 2 ans (selon la prise en charge de la patiente).

Mais pourquoi autant de temps ?

Ophélie nous explique que lorsqu’une femme vient en consultation pour des symptômes similaires à ceux du SOPK, on la dirige souvent vers une pilule contraceptive, qui masquera les symptômes lors de sa prise.

Dans le schéma classique, la patiente viendra reconsulter que lorsque qu’elle aura un désir d’enfant, quand la pilule cessera d’être prise et les symptômes de nouveau présents.

 

 #4 : Existe-t-il des traitements contre le SOPK ?

Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement à proprement parlé contre le SOPK.

Mais bon, il y a quand même des solutions pour pallier ces symptômes (et heureusement…)

La première solution, c’est de prendre une pilule contraceptive, qui aura l’effet d’apaiser les symptômes.

Des traitements peuvent être envisagés pour venir réguler l’acné, la perte de cheveux ou la pilosité.

Dans le cadre d’une grossesse, différentes solutions peuvent vous être proposées : comprimés de citrate de clomifène, intervention chirurgicale ou injection, en fonction de vos besoins.

A noter que les différentes interventions dépendent à chaque fois de la patiente.

 

 #5 : Quelles sont les répercussions dans la vie d’une personne atteinte du SOPK ?

Du côté de la santé physique :

  • Les personnes atteintes du SOPK sont plus à même de développer un diabète de type 2. Sachant que sur l’ensemble des patient.e.s, 75% ont une résistance à l’insuline.
  • Une plus forte prédisposition aux migraines;
  • A la fatigue chronique

 

Du côté de la santé mentale :

  • Les troubles du métabolisme peuvent avoir un impact direct sur son image et son estime personnelle : prise de poids, pilosité, perte de cheveux, acné…
  • Les personnes souffrant du SOPK sont plus sujettes à la dépression, suite à leur dérèglement hormonal.

 

Du côté de la sexualité :

  • Le SOPK peut provoquer des dyspareunies (douleurs lors des rapports)
  • Mais également des troubles de la libido.

 

On comprend alors que bien que le SOPK n’est pas une pathologie grave ou mortelle en soi, elle entraîne cependant des répercussions importantes dans la vie d’une personne malade. Des répercussions qu’il est nécessaire de prendre en compte.

 

#6 : Comment peut-on aider à son échelle contre le SOPK ?

Personne atteinte ou non, peut-être connaissons-nous une personne atteinte du SOPK dans notre entourage.

Selon Ophélie, la première chose à faire est de rester bienveillant.e avec cette personne, en essayant de comprendre sa pathologie.

Ensuite, il est possible de s’informer, pour soi ou pour les autres sur le SOPK. Pour cela, le site de l’association et le site de l’Inserm, sont des sources fiables pour s’informer sur la pathologie.

Enfin, il est possible de faire des dons pour la recherche et/ou s’engager dans différentes associations traitant du sujet, comme Asso’SOPK.

 

 

Le syndrome des ovaires polykystiques, bien que très répandu, ne connait pas encore une visibilité de taille.

Alors pour encourager la prise de parole sur ce sujet, n’hésitez pas à parler de l’association autour de vous, et partagez cet article !

 

 

Sources :

  • Le syndrome des ovaires polykystiques en question – Merck
  • Asso’SOPK

 

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