Déni de grossesse : explications et conséquences

Le déni de grossesse est souvent le grand oublié dans la vision commune de la maternité. Pourtant, on estime que sa fréquence est d’une grossesse sur 500.

Mal représenté, toujours perçu comme un drame dans la vie d’une femme, le déni de grossesse est victime de nombreuses idées reçues.

Dans cet article, on décrypte ce qu’est un déni de grossesse, ses symptômes, ses conséquences, et on tente d’éclaircir « l’après accouchement » de cet évènement.

 

#1 Qu’est-ce qu’un déni de grossesse ?

On définit le déni de grossesse par le fait de ne pas avoir conscience d’être enceinte après le 1er trimestre de la grossesse. Toutefois, certaines femmes témoignent avoir eu conscience d’être enceinte à certains moments. Ici, tant que cette prise de conscience n’est pas durable, on la définit aussi comme un déni de grossesse. 

Il est enregistré dans le classement des troubles psychiatriques depuis 1985, bien qu’il s’avère en fait plutôt relater d’un trouble de la gestation psychique. 

Le déni de grossesse n’est pas à confondre avec une grossesse nerveuse. Dans ce cas de figure, c’est en quelque sorte l’inverse qui se produit : la femme pense être enceinte et en a tous les symptômes, alors qu’elle ne l’est pas.

 

Comment cela se traduit dans le corps ?

Dans un cas classique, la grossesse peut être difficile à dissimuler au bout d’un certain nombre de mois. Le ventre est bien arrondi, la poitrine gonfle, on sent le bébé grandir et le corps se préparer à l’accouchement. C’est pourquoi il est difficile d’imaginer que dans le cadre d’un déni de grossesse, tout cela est rendu invisible.

 

Pour comprendre comment se place le bébé lors d’un déni de grossesse, il faut d’abord comprendre comment il se positionne lors d’une grossesse dite « classique ».

L’utérus, qui accueille le fœtus, vient se pencher vers l’avant au fur et à mesure des mois afin de lui laisser toute la place pour grandir. C’est pour cela que le ventre s’arrondi.

Ici, l’utérus va plutôt s’appuyer vers l’arrière et vers le haut, laissant la ceinture abdominale soutenir l’utérus. Contractés de façon inconsciente par le cerveau, rien ne laisse sentir qu’une grossesse est en train de se dérouler. A noter qu’une telle disposition de l’utérus ne permet pas de remarquer distinctement un changement dans le corps de la femme, quel que soit sa morphologie. Les saignements qui peuvent être constatés pendant cette période, souvent interprétés comme des règles, ne le sont en fait pas vraiment. Ils sont liés à un saignement du col utérin, heureusement souvent bénin.

 

#2 Les différents types de dénis de grossesse

 Il existe deux types de dénis de grossesse : le déni de grossesse partiel et le déni de grossesse complet.

 

Le déni de grossesse partiel :

Il se caractérise par le fait de ne pas savoir que l’on est enceinte passé les 3 premiers mois de grossesse, mais l’apprendre avant son terme.

C’est le cas le plus fréquent : une étude allemande déclare que sur l’ensemble des dénis de grossesse relatés, 62% sont des dénis de grossesse partiels.

 

Le déni de grossesse complet :

Ici, la femme n’a pas conscience d’être enceinte jusqu’à l’accouchement. Le déni peut alors conduire à vivre un accouchement seule, sans équipe médicale. En France, sur 340 accouchements à la suite d’un déni de grossesse, 80 accoucheraient seules chez elles.

 

#3 A quoi est dû un déni de grossesse ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’y a pas un « profil type » de femme pouvant le vivre. Il touche toutes les femmes, de tous les âges, de tous les milieux socio-économiques confondus, qu’elles aient déjà eu des enfants ou non.

Le déni de grossesse relève toujours d’une souffrance psychologique, consciente ou inconsciente, encourageant le corps à dissimuler la grossesse pour se protéger. Cela peut être dû à un choc psychologique, comme une agression sexuelle par exemple, mais il peut puiser sa source ailleurs.

-        Rapport au corps et/ou à la sexualité difficile

-        Ambivalence du désir d’enfant

-        Problématiques transgénérationnelles

-        Traumatismes récents ou anciens non traités

-        

Benoît Bayle, psychiatre, déclare que les dénis de grossesse surviennent chez les femmes chez qui « l’être enceinte », « l’être mère », « le donner la vie » est une vision problématique voire traumatisante, de façon consciente ou non. 

Ce qu’il est important de retenir ici, c’est qu’un déni de grossesse est une protection inconsciente du psychisme qui vient se répercuter sur le corps. La femme n’est donc évidemment pas responsable de ce déni.

 

#4 Quels sont les symptômes ?

 La caractéristique d’un déni de grossesse est justement de le vivre sans les symptômes connus qu’on lui alloue. L’aménorrhée (absence de règles), l’un des symptômes les plus fréquents de la grossesse n’a elle aussi pas toujours lieu. 57 à 74% des femmes ayant vécues un déni de grossesse, déclarent avoir eu leurs règles pendant plusieurs mois avant leur accouchement. La prise de poids n’est pas non plus un symptôme, puisque dans la plupart des cas, il ne fluctue que très peu et n’est donc pas significatif.

Il est donc très difficile de détecter un déni de grossesse, même par le corps médical. On estime à 38% des femmes ayant consultées un professionnel de santé pendant qu’elles étaient enceintes, sans qu’un diagnostic de grossesse ne soit posé. 

 

Pourquoi n’a-t-on pas de symptômes ?

Par défense psychologique ! En ne faisant transparaître aucun signe de grossesse, le psychisme se protège de la réalité, jugée trop dangereuse.

 

Les symptômes à observer :

Malgré sa difficulté de diagnostic, il existe tout de même quelques éléments communs au déni de grossesse. Souvent, les règles peuvent être plus espacées, moins régulières. Il peut exister aussi une petite bosse au niveau de l’abdomen. Aussi, des douleurs abdominales régulières sont décrites par les femmes ayant vécu un déni.

 

L’apparition des symptômes :

Lors d’un déni de grossesse partiel, c’est lorsque la grossesse est diagnostiquée, lors d’une prise de sang ou d’une échographie par exemple, que les symptômes habituels apparaissent. Il suffit parfois de quelques heures avant que le ventre ne s’arrondisse. Débloqué, l’esprit vient libérer le corps une fois la grossesse assimilée.

 

Attention toutefois aux idées reçues !

On entend parfois dire qu’un test de grossesse peut être négatif lors d’un déni de grossesse, alors que l’on est enceinte.

C’EST FAUX ! Une prise de sang suffit à se rendre compte de la grossesse. Un test de grossesse urinaire peut être en mesure de la diagnostiquer (dans le cadre classique d’une marge d’erreur possible). En cas de doute, une prise de sang peut être faite pour affirmer ou non la potentielle grossesse.

  

#5 Quelles sont les conséquences d’un déni de grossesse ?

 

Pour la mère 

En cas de déni de grossesse complet, l’un des risques est d’accoucher seule, entraînant ainsi toutes les complications potentielles liées à un accouchement non préparé.

Aussi, ne se sachant pas enceinte, la mère n’a pas pu adapter son mode de vie en fonction, plaçant donc sa grossesse et son accouchement à risque. L’équipe médicale est donc chargée de vérifier que la maman et le bébé se portent bien physiquement.

 

Concernant l’aspect psychologique, plusieurs conséquences peuvent avoir lieu.

Dans certains cas, lié au choc, la mère peut rejeter violemment son enfant à sa naissance, refusant sa maternité. Ce phénomène reste rare, mais doit être pris au sérieux et dénué de tout jugement. Lors d’un déni de grossesse, aucun lien (ou très peu) n’a pu être créé entre la mère et l’enfant. Faute de préparation psychique, la mère n’est donc pas prête à l’accueillir. Aussi, les douleurs liées à l’accouchement non prévu peuvent créer un traumatisme chez la femme, lié à la peur de mourir.

 

Enfin, un sentiment de culpabilité peut survenir sur les comportements à risques qui ont eu lieu pendant la grossesse. Certaines femmes peuvent alors, pour compenser, se mettre à surprotéger leur enfant.

 

Que ce soit lors d’un déni complet ou partiel, il est crucial que la mère soit accompagnée le plus tôt possible. Il ne faut pas sous-estimer les répercussions mentales et physiques liées à cet évènement.

D’ailleurs, rappelons que peu importe si la grossesse a eu lieu dans le déni ou non, devenir mère n’est pas instinctif, il n’y a aucune honte à demander de l’aide à son entourage ou à des professionnel.le.s de santé si le besoin se fait ressentir.

 

Toutefois même si ces risques existent, l’arrivée de l’enfant peut être bien vécu chez la mère. Il n’est pas systématiquement perçu comme un drame. Il n’y a pas vraiment de règles, tout dépend de chacune.

 

Pour l’enfant :

Contrairement aux idées reçues, les enfants nés après un déni de grossesse n’ont pas systématiquement de retard de croissance : leur position dans l’utérus n’entrave pas leur développement. En revanche, il est surexposé au risque de prématurité, d’un faible poids de naissance ou d’un retard psychomoteur. A noter que tout cela n’a pas lieu tout le temps, et que le bébé peut aussi n’avoir aucune séquelle du déni de grossesse.

L’enfant doit donc lui aussi être surveillé de près, afin qu’il maintienne un bon état de santé. 

 

 #6 Accouchement et déni de grossesse, et après ?

 

Après l’accouchement, il appartient à la mère de décider ce qu’elle veut pour elle et son enfant.

Il est tout à fait possible de vouloir le garder ou non. 

La mère peut décider d’accoucher sous X si elle le souhaite. Il faut alors en informer l’équipe médicale afin qu’elle prenne les mesures nécessaires. Pour confier un enfant, il faut s’adresser aux services départementaux de l’Aide Sociale à l’Enfance qui prendront en charge la demande. Il est possible de demander de garder le secret de l’admission à la maternité si cela est souhaité. Ici, les frais d’hospitalisation seront pris en charge par le service d’Aide Sociale à l’Enfance.

 

Lors d’un déni de grossesse complet, il est aussi possible de décider de faire adopter l’enfant. Un.e assistant.e social.e du service d’Aide Sociale à l’Enfance vous guidera durant tout le processus de l’adoption. A savoir que le délai de rétractation dans le cadre d’une adoption est de 2 mois en France.

Peu importe sa décision, il est important de prendre conscience que quelle qu’elle soit, elle est légitime. Enfin, l’accompagnement aussi longtemps qu’il est nécessaire, est cruciale chez la mère et/ou l’enfant.

  

Sources :

https://www.santemagazine.fr/grossesse/grossesse-et-sante/deni-de-grossesse-etre-enceinte-sans-le-savoir-897661#:~:text=Lors%20d%27un%20déni%2C%20les,absents%20ou%20bien%20mal%20interprétés

https://www.sante-sur-le-net.com/sante-femme/grossesse/deni-grossesse-definition-symptomes-traitement/

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/grossesse/question-de-la-semaine-comment-expliquer-le-deni-de-grossesse_126905

https://www.passeportsante.net/famille/grossesse?doc=deni-grossesse

https://www.jesuisenceinteleguide.org/situations-particulieres/les-possibilites-dadoption/

 

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