Depuis quelques années, le slogan « les produits laitiers sont nos amis pour la vie » n’est plus tellement d’actualité. On peut lire sur internet un grand nombre d’articles sur les méfaits éthiques, environnementaux et même sanitaires du lactose. Depuis, dans les rayons, fleurissent des tas de laits végétaux en tout genre. Et pourtant, on se retrouve toujours un peu perdus lorsqu’il s’agit de changer nos habitudes alimentaires !

Consommer le lait animal

Pour que tu retrouves ton chemin parmi les allées grandissantes des produits sans lactose, on t’aide à tout comprendre sur ces nouvelles interrogations !

1. Les produits laitiers, ça sert à quoi ?

D’abord, un peu de sciences ! Promis, on te fait ça en décrypté.

Plutôt que de parler de produits laitiers, qui est un très vaste terme, nous parlerons de « lactose ». Le lactose est un glucide (un sucre) naturellement présent dans le lait animal. Il est présent un peu partout : dans les yaourts, dans le fromage, le beurre, les desserts et naturellement, dans le lait. Mais il est aussi là où on ne l’attend pas, comme dans le poisson pané par exemple (??).

Le lactose est composé de glucose et de galactose, digérés par une enzyme (protéine présente naturellement dans le corps) appelée « lactase ».

 

Zoom sur l’intolérance au lactose :

L’intolérance au lactose existe bel et bien, elle ne concerne pas uniquement Jérôme, ton prof de yoga accro aux graines de chia, mais quasiment 80% de la population mondiale ! Mais pourquoi cette intolérance ? La lactase est produite naturellement par le corps chez les enfants pendant 3 ou 4 ans. Au-delà de cet âge, la production de lactase s’interrompt. Toutefois, si la consommation de lactose (cherchez la nuance) reste identique, le corps continuera de produire de la lactase. En Europe, la consommation de produits étant bien plus qu’élevée que dans les pays asiatiques par exemple, nous habituons notre corps à produire cette enzyme. Mais malgré cela, certaines personnes ne la produisent plus, en tout cas pas en quantité suffisante.

Le lactose peut alors engendrer des difficultés de digestion, des ballonnements, diarrhée… Tout un joyeux programme !

Bon, après ce petit cours de sciences en accéléré, on peut répondre (enfin) à notre question : le lactose, il nous sert à quoi ?

En tant que glucide, il assure surtout une fonction énergétique. Mais c’est également le seul glucide comprenant du galactose, qui lui joue un rôle dans les processus neuronaux et immunologiques.

Mais dis-moi Jamy, notre corps a donc bel et bien besoin de lait animal non ?

Et bien oui…et non, la question n’est pas si simple. Ce qui est sûr, c’est que les enfants ont besoin de lait animal et de ses apports nutritionnels pour leur développement. (Notamment, et les publicités nous le rappellent bien, pour son apport en calcium.)

Pour les adultes, c’est un peu différent : rien ne contre-indique la consommation de lait animal (hors intolérance ou allergies). Il n’est juste pas fondamentalement nécessaire, bien que pratique. En effet, il condense tout un tas de qualités nutritionnelles intéressantes : potassium, calcium, vitamine B12, phosphore… Mais en vrai, il sert surtout à nous faire un petit kiff avec une bonne crème au chocolat.

 

2. Pourquoi les produits laitiers posent questions ?

Ici, nous parlerons bel et bien des produits laitiers d’origine animal, et non pas du lactose en tant que tel. Puisque c’est en fait eux qui posent problème, plus que le lactose.

Les produits laitiers, que faut-il savoir ?

A. D’un point de vue santé

Le lait, en plus de contenir du lactose, contient de la caséine, une protéine très lourde et donc difficile à digérer. En plus de te rester un peu sur l’estomac, la caséine serait pro-inflammatoire. En clair, elle n’est pas responsable d’inflammation, mais elle l’encourage. Des personnes souffrant d’inflammation chronique (eczéma, psoriasis…) pourraient observer les effets du lait sur leur peau.

Mais ce n’est pas tout ! Si le lait n’est pas biologique, il est très fortement probable que les vaches soient élevées avec un bon nombre d’antibiotiques et de traitements médicaux en tous genres qui seraient observables dans leur lait.

Aussi, l’emballage du lait est discutable : certains spécialistes notent la présence de phtalates, perturbateurs endocriniens, dans les emballages des produits laitiers.

B. D’un point de vue environnemental

Plusieurs points concernant l’impact environnemental.

Déjà, le choix de l’emballage est un élément de taille : les bouteilles jetables consommeraient 8 fois plus d’énergie que des bouteilles réutilisables. Évidemment, ce point concerne tous les emballages de lait, indépendamment du fait qu’il soit animal ou végétal.

Le point primordial réside dans l’alimentation des animaux. En effet, le soja, alimentation première des vaches productrices de lait, est produit principalement en Argentine ou au Brésil. Et il en faut pas mal du soja pour nourrir toutes ces vaches ! Tellement, que la déforestation massive (notamment de la forêt amazonienne), une surutilisation des OGM et la monoculture sont pratiquées.

C. D’un point de vue éthique

La vache est un mammifère, et comme tout mammifère, pour produire du lait il faut qu’elle mette bas. Dans un souci de production de masse, les vaches subissent fréquemment des grossesses à répétition. Leur petit leur est retiré seulement 3 jours après la naissance pour qu’elles puissent continuer à donner leur lait. En moyenne, une vache produit environ 10 fois plus de lait que ce que leur petit a besoin. Cette production massive affaiblit fortement leur métabolisme, engendrant malformations et arthrite précoce.

3. Par quoi les remplacer  alors ?

Si tu veux faire attention à ton impact environnemental et/ou à ta santé, il est possible de réduire ta consommation de produits laitiers sans te priver pour autant.

A. Privilégiez les laits végétaux

Il existe un bon nombre de laits végétaux sur le marché, chacun à sa petite singularité.

Lait d’avoine, lait de riz, lait d’amande, lait de soja…

A toi de trouver celui qui te convient le mieux !

Lait végétal, lait d'amande

B. Passez à la crème végétale !

Ou alors réduisez votre consommation de crème tout court. Mais pour les plus gourmand.e.s, choisissez une crème fraîche végétale : soja, coco, avoine, riz, il y en a pour tous les goûts.

 C. Trouver des alternatives au beurre

Pour cuisiner, rien de mieux que de passer à l’huile végétale biologique ! Et pour les adeptes des tartines au petit-déjeuner, les purées d’oléagineux : cacahuètes, noix, amandes…) égayeront avec originalité votre routine matinale.

D. Les yaourts à base de lait végétaux

Disponibles en pleins de parfum, tu peux les retrouver dans des magasins spécialisés mais aussi de plus en plus dans les grandes surfaces.

 

En bref, rien ne contre-indique vraiment la consommation de lait pour notre santé. Libre à vous de vous faire plaisir !

Cependant, si vous voulez faire attention à votre empreinte écologique, privilégiez les laits issus de l’agriculture biologique, les emballages recyclables et/ou des laits produits près de chez vous.

Découvrez les autres articles sur la nutrition :

Laits végétaux, lesquels choisir ?

Alimentation et syndrome prémenstruel (SPM) : comment le soulager ? 

Sources :

https://vegan-pratique.fr/cote-cuisine/remplacer-les-produits-laitiers/

https://www.huffingtonpost.fr/2016/01/30/guide-pour-remplacer-produits-laitiers_n_9050038.html

https://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/PalmaresNutriments/Fiche.aspx?doc=lactose_nu

https://www.worldgastroenterology.org/UserFiles/file/YINI/WGOF_180206_WGO-YINICampaign_QA_FrenchTranslation.pdf

https://www.pharmaciengiphar.com/nutrition/alimentation-et-sante/intolerance-au-lactose-que-manger

https://theconversation.com/les-produits-laitiers-sont-ils-bons-pour-la-sante-72928