C’est l’un des sujets phares des cours de collège et lycée : sa première fois, et surtout comment faire en sorte qu’elle se passe bien ?

Source de nombreuses discussions, parfois de quelques inquiétudes et de nombreuses idées reçues, elle peut être aussi bien inquiétante qu’excitante.

Loin des idées préconçues, revenons plus en détails et sans tabou sur « comment réussir sa première fois ? ».

 

Une chose d’abord, il existe autant de réponses à cette question qu’il y a d’individus sur Terre : la première fois réussie de quelqu’un sera la première fois pas ouf d’un.e autre. De la même façon, son premier rapport sexuel peut avoir une grande importance dans sa vie comme ne pas en avoir du tout ; dans les deux cas c’est tout à fait correct !

Nous le répèterons de nombreuses fois dans cet article : la chose la plus importante à retenir pour débuter (et continuer) sa vie sexuelle c’est le consentement.

Enfin, pour simplifier cet article nous qualifierons les personnes possédant un vagin de « filles », et celles possédant un pénis de « garçons » bien que le spectre du genre soit bien plus complexe.

Allez, sans vous faire plus attendre, lançons-nous sur ce vaste sujet de la première fois !

réussir sa première fois

I – A quel âge avoir faire sa première fois ?

En France, la majorité sexuelle est fixée à 15 ans. Alors vous nous direz sans doute « je peux avoir des relations sexuelles à partir de 15 ans n’est-ce pas ? ». Et bien en fait, c’est un peu plus compliqué que ça.
Sans rentrer dans de longs et barbants détails juridiques, cette majorité sexuelle indique qu’à partir de cet âge l’adolescent.e est en mesure de donner son consentement éclairé, qu’en résumé, il sait ce qu’il fait.

Cela ne veut pas dire qu’il faut attendre obligatoirement 15 ans pour avoir un rapport sexuel, ni qu’il faut absolument en avoir un après avoir souffler ses 15 bougies.

 

En réalité, il n’existe pas d’âge parfait universel pour sa première fois.

Peut-être avez-vous déjà entendu cette fameuse phrase : « tu sentiras quand tu seras prêt.e », ce fabuleux adage qui veut à peu près tout et rien dire, et qui aurait tendance à nous faire croire qu’un beau matin l’entité toute puissante du sexe viendrait nous informer qu’il est maintenant temps d’aller forniquer.

Bon, sans vouloir trop vous spoiler, ça ne se passe pas vraiment comme ça.

En vérité, on ne sent pas vraiment si l’on est prêt.e ou non, disons que l’idée nous plait de plus en plus et nous effraie de moins en moins, jusqu’au jour où l’occasion parfaite se présente.

 

L’important, c’est de se sentir suffisamment en confiance avec soi et avec son/sa/ses partenaire.s, que ce soit notre amoureux.se, notre ami.e ou quelqu’un que l’on vient de rencontrer et que chacun.e soit consentant.e.

 

D’ailleurs en parlant de consentement, sortons les carnets et les stylos, faisons un point plus approfondi sur la définition de ce mot !

Le consentement, c’est donner son accord clair et éclairé à une action. Ici, donner son accord pour avoir un rapport sexuel ou pour exercer des pratiques sexuelles.

Il est la clé de tout rapport sexuel réussi.

Alors avant de faire l’amour, posez-vous les questions suivantes :

  • En ai-je vraiment envie ?
  • Est-ce que mon/ma partenaire en a envie ? Me l’a-t-il/elle formulé clairement ?
  • Est-ce que mon/ma partenaire a l’esprit suffisamment lucide pour me donner son consentement ?

Si la réponse à chacune de ses questions est OUI,

Alors demandez-vous :

  • Est-ce que je me sens forcé.e de le faire d’une façon ou d’une autre ?
  • Est-ce que mon/ma partenaire a-t-elle hésité avant de me dire oui ?
  • Est-ce que mon/ma partenaire est sous l’emprise de l’alcool/drogue/médicament ?

Si la réponse à chacune de ses questions est NON, alors c’est tout bon !

Sinon, on arrête immédiatement.

 

Le consentement doit être respecté durant tout le long du rapport et doit être questionné régulièrement.

Contrairement à ce que l’on peut penser, il n’y a rien de gênant de demander « est-ce que tu veux continuer ? », « es-tu d’accord pour faire ça ? », « est-ce que je peux faire ça ? » … Bien au contraire ! Votre partenaire se sentira écouté.e et respecté.e, ce qui s’avère être au demeurant très agréable.

 

II – Comment aborder sa première fois ?

A. Dans sa tête

La première fois est une nouvelle étape de sa vie sexuelle, la première fois que sa sexualité est partagée !

Elle ne doit pas être source d’angoisses ou de questions existentielles ! Alors si vous avez envie de faire votre première fois, relax Max, tout va bien se passer !

 

Quelques conseils cependant pour que tout se passe au mieux dans sa tête :

 

1. Ne pas chercher la perfection à tout prix

Déjà parce qu’elle n’existe pas et qu’elle dépend de chacun.e, mais aussi parce que comme toute première fois, cela reste toujours un peu maladroit (et c’est normal !!).

Rappelez-vous de vos premiers pas, de la première fois où vous avez jouez du piano, fait du roller ou conduit une voiture : tout n’était pas parfaitement maîtrisé de A à Z dès le début.

Ici, c’est pareil. Il faudra du temps avant de trouver ce qui vous fait kiffer et ce qui fait kiffer votre partenaire.

Nous on dit : pas de pression, plus de sensation.

 

2. Prévenir son/sa partenaire

Ce n’est pas obligatoire, vous pouvez tout à fait le garder pour vous si vous vous sentez plus à l’aise. Pour certain.e.s, signifier à son/sa partenaire que c’est sa première fois est plus rassurant. Vous prévenez qu’il va peut-être falloir un peu de temps avant d’être tout à fait en osmose avec la personne.

 

3. Ne pas s’imaginer la 1ère fois parfaite

Cela rejoint le point n°1 : on oublie la perfection. Peut-être rêvez-vous de faire l’amour pour la première fois avec votre amour de toujours, dans des pétales de roses et des draps parfumés au Lila, et peut-être que tout se passera exactement comme cela, ou peut-être pas.

Et vous savez quoi ? Ce n’est pas grave DU TOUT. L’essentiel est que chacun.e ait passé un bon moment.

B. Dans son corps

Pour appréhender sa première fois de la meilleure des façons après s’être mis au clair avec sa tête, il faut maintenant être à l’aise avec son corps.

Encore une fois, il n’existe pas de recette miracle pour être en phase avec son corps et ses désirs, deux ou trois conseils cependant :

  1. Connaître son corps pour comprendre ses désirs

Pour ce faire, rien de mieux que la masturbation ! Sexualité solitaire, elle permet, à son rythme, de connaître son corps et de mieux appréhender ses désirs.

  1. Se rassurer quant à la douleur

Connotée de douloureuse pour les filles, la première fois (avec pénétration) n’est pas censée faire mal. Cependant, il arrive qu’elle le soit quand même. Mais pourquoi ?

Manque de lubrification, stress, ou plus rarement maladie gynécologique, il peut arriver que la première pénétration soit douloureuse.

Si tel est le cas, sentez-vous libre d’arrêter la pénétration à tout moment et recommencez plus tard si l’idée vous en dit. Et si les douleurs vous inquiètent, n’hésitez pas à en parler avec un.e professionnel.le de santé.

  1. Prévoir le coup

Chez certaines filles, il arrive que lors de la première pénétration, une membrane appelée « l’hymen » se déchire et entraine quelques saignements pendant et un peu après le rapport. Rassurez-vous, on ne parle pas d’une mare de sang non plus ! Mais si vous avez peur de tâcher vos beaux draps blancs ou le canapé de mamie, pensez à glisser une serviette sous vos fesses et de mettre un protège-culotte après le rapport.

A noter que le saignement n’est pas systématique : l’hymen a pu se déchirer avant la première pénétration voire n’avoir jamais existé chez certaines.

 

III – Quelles positions pour sa première fois ?

Avant d’entamer cette partie, rappelons qu’il n’y a pas de position obligatoire à respecter lors de sa première fois, c’est au feeling de chacun.e !

 

A. Faire l’amour sans pénétration

Que ce soit pour les relations homosexuelles entre filles ou simplement pour des personnes n’ayant pas envie de pénétration, voilà quelques idées de positions et pratiques sexuelles si vous manquez d’inspiration !

  1. Le cunnilingus

Avec votre langue, léchez la vulve et le clitoris de votre partenaire. Variez le rythme et les techniques pour trouver ce qu’il lui plait le plus !

  1. La fellation

Toujours avec votre langue, léchez le pénis et/ou les testicules de votre partenaire. De même, variez les plaisirs !

  1. Servez-vous de vos doigts

Caresser / toucher / appuyer sur les zones érogènes du corps de votre partenaire : vagin, pénis, seins, testicules, clitoris, oreilles… Les zones érogènes sont bien plus nombreuses que vous ne le pensez ! Essayez de trouver ce qui fait du bien à la personne qui partage votre lit (ou le canapé de Mamie).

 

B. Faire l’amour avec pénétration

  1. Le missionnaire

Un des deux partenaires se placent sur le dos pendant que l’autre vient exercer des mouvements de va et vient au-dessus de lui/elle.

  1. La cuillère

Placez-vous comme si vous vouliez vous faire un gros câlin (et c’est le cas), l’un.e dos à l’autre allongé.e de sorte à ce que le pénis puisse exercer des mouvements de va et vient.

  1. L’Amazone

Un des deux partenaires se place en position assise au-dessus de l’autre, tandis que l’autre se tient allongé sur le dos.

 

Il existe tout un tas de positions possibles aussi bien pour les couples hétérosexuels qu’homosexuels. Libre à vous maintenant de découvrir celles qui vous plaisent ou même de réécrire le Kamasutra si vous le souhaitez !

 

 

IV – L’importance du premier rapport protégé

A. Sortez couverts (pour de vrai)

Ok, peut-être avez-vous déjà entendu le petit laïus prononcé à demi-mots par votre prof de Sciences, avec en fond les rires étouffés de vos camarades et que vous avez bien retenu la leçon. Mais sait-on jamais, on préfère enfiler notre blouse pour refaire un point ensemble, parce que c’est VRAIMENT très important.

 

Dès lors que vous débutez une vie sexuelle partagée (avec un.e ou plusieurs partenaires), TOUS les rapports doivent être protégés tant que toutes les personnes n’ont pas fait de test de dépistage récent.

 

Il est tout à fait possible d’attraper une infection sexuellement transmissible (IST) lors du 1er rapport et/ou de tomber enceinte.

Aujourd’hui, seul le préservatif peut empêcher la contamination : la pilule, le stérilet, l’anneau vaginal, et les autres moyens de contraception limitent largement les risques de grossesses mais pas les IST.

 

Alors, dès lors que débute un rapport sexuel, même lorsqu’il s’agit uniquement de sexe oral (fellation, cunnilingus…), le préservatif est de mise !

Parce que oui, on peut attraper une IST sans pénétration.

Les relations entre filles ne sont pas sans risque non plus. Alors pour se protéger, il est possible d’utiliser une digue dentaire (trouvable en pharmacie) ou de couper un préservatif en deux et l’appliquer contre les muqueuses de sa partenaire.

 

Enfin, oubliez la méthode de retrait (méthode qui consiste à se retirer avant l’éjaculation), elle ne protège ni des IST, ni d’une grossesse indésirée. En effet, le liquide pré séminal (liquide faisant office de lubrification chez les garçons) peut contenir des spermatozoïdes, en nombre parfois suffisant pour tomber enceinte.

 

B. Si rapport non protégé a eu lieu

Si vous avez eu un rapport non protégé, pas de panique, voilà les démarches à suivre :

 

Si vous êtes une fille ayant eu un rapport hétérosexuel et que vous ne souhaitez pas d’enfant :

  • Rendez-vous dans une pharmacie pour obtenir la pilule du lendemain (gratuite pour les mineures).
  • Attendez quelques jours et faites un test de grossesse pour s’assurer que vous n’êtes pas enceinte.
  • Rendez-vous dans un centre de dépistage pour vérifier que vous n’êtes pas porteuse d’IST.

 

Pour les autres, pensez bien vous aussi à vous faire dépister pour s’assurer que tout va bien !

 

Et bien voilà ! Vous savez tout pour une première fois au top !

Et n’oubliez pas, une première fois réussie, c’est une première fois où chacun.e est content.e du moment passé ensemble !

 

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Source :

https://droit-finances.commentcamarche.com/famille/guide-famille/67-majorite-sexuelle-en-france-age-et-code-penal/