Pour commencer, mettons-nous d’accord sur le terme employé : l’IVG (interruption volontaire de grossesse) est un acte médical par lequel on interrompt volontairement une grossesse.

L’IVG n’est pas un acte anodin, et soulève souvent de lourdes angoisses. Parce qu’il est normal d’être un peu perdue à ce moment-là, nous avons essayé de vous récapituler l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur l’IVG.

L’IVG peut se dérouler selon deux méthodes : l’IVG chirurgicale ou l’IVG médicamenteuse.

 

1. Comment se passe une IVG médicamenteuse ?

L’IVG médicamenteuse est la première solution pour avorter.
Comme son nom l’indique, aucune intervention chirurgicale n’a lieu, tout se fait par voie médicamenteuse.
Elle commence par la prise d’un comprimé, à l’hôpital ou chez le médecin dans la plupart des cas, contenant une substance appelée « mifépristone ». Cette substance fait en fait croire au corps que vous n’êtes plus enceinte.
Ce premier comprimé va déclencher l’IVG, mais pas la conclure.
C’est pourquoi, deux ou trois jours plus tard, il faut reprendre ces mêmes comprimés pour terminer l’intervention et expulser l’embryon.
Sans contre-avis médical, et à moins de 9 à 10 semaines de grossesse, vous pouvez reprendre ces comprimés de chez vous, dans votre vagin ou sous votre langue.
Chez la plupart des femmes, l’IVG se termine en quelques heures.

Est-ce que je peux faire marche arrière après le 1er comprimé ?

Non. Une fois le premier comprimé prit, même si l’embryon est encore là, il ne se développera plus correctement. Il n’est pas possible de décider d’interrompre l’IVG une fois commencée.

Est-ce qu’il est possible de voir l’embryon ?

Alors, oui et non.
Très loin des images vues sur Google d’un prétendu « embryon de 3 semaines » très bien formé ; l’embryon n’est pas plus grand que 7 mm et ressemble plus à une petite graine de pomme gélatineuse qu’à un bébé.
Cependant, lorsque le saignement a lieu il est théoriquement possible d’apercevoir l’embryon. En pratique, l’embryon, tout petit, se trouve mélangé à des caillots de sang, de la muqueuse utérine (comme lors des menstruations) et d’un tissu appelé “trophoblaste”, ébauche du futur placenta. Difficile d’y voir quelque chose au milieu de tout ça… il faut bien chercher pour distinguer l’embryon !
A noter que plus l’IVG a lieu tôt, moins il y a de possibilité d’apercevoir quelque chose.

Est-ce qu’une IVG médicamenteuse fait mal ?

Malheureusement, il est très probable que oui. Il est conseillé de prendre des cachets pour supporter la douleur. Elle peut être comparées à des douleurs de règles, en plus intenses.
Mais en plus de la douleur il y a les saignements. D’apparence rouge et grumeleux, le sang peut être assez abondant pendant quelques heures.
Cependant, si les saignements ne se calment pas, ou si vous avez de la fièvre, il faut appeler l’hôpital où a eu lieu l’IVG ou vous rendre aux urgences dans les plus brefs délais.

2. Comment se passe une IVG chirurgicale ?

Pour l’IVG chirurgicale, l’intervention doit obligatoirement être réalisée à l’hôpital ou dans une clinique spécialisée.
Sous anesthésie locale ou générale, l’IVG doit avoir lieu à jeun (depuis minuit la veille de l’intervention), c’est-à-dire que l’on ne doit ni boire, ni manger, ni fumer.
Un temps de discussion est alloué pour cette question avec un anesthésiste, au minimum 48h au préalable.
L’intervention a lieu dans la plupart des cas en « ambulatoire » : l’entrée à l’hôpital ou la clinique a lieu le matin et la sortie se fait dans la journée.

Mais en clair, que se passe-t-il dans mon corps ?

En clair, l’IVG chirurgicale consiste en une aspiration de l’œuf présent dans l’utérus à l’aide d’un petit aspirateur et parfois d’une curette. Pas systématique, elle sert à vérifier qu’il ne reste plus rien dans la cavité utérine. Pour en favoriser la dilatation du col utérin, c’est à dire l’ouverture permettant d’accéder à l’utérus, des comprimés à insérer dans le vagin sont fournis. De plus, une anesthésie locale du col est réalisée avant de commencer l’aspiration. L’intervention n’est pas très longue, une vingtaine de minutes au total.
Quelques fois, une fois l’IVG terminée, une mèche vaginale (qui ressemble un peu à une ficelle de tampon) peut être posée.

Est-ce qu’une IVG chirurgicale fait mal ?

A priori non.
Durant l’intervention les effets de l’anesthésie sont censés faire effet. Ensuite, des antalgiques sont prescrits, mais pas toujours nécessaires.
Pour autant, chaque femme est différente et le seuil de tolérance à la douleur l’est tout autant. Cela peut faire vivre cet évènement tout à fait différemment d’une femme à l’autre.
Il est possible que surviennent quelques saignements, pensez à prendre une serviette pour le retour de l’intervention.

3. Quelles sont les procédures à suivre pour avorter ?

 

La première chose à se rappeler : en France, l’avortement est légal et chaque femme, majeure ou mineure, peut décider seule d’interrompre ou pas sa grossesse (article L.2212-1 du Code de la santé publique).

Ensuite, il faut prendre en compte le nombre de semaines de grossesse.
L’IVG est légale en France jusqu’à 14 semaines de grossesse (depuis le 08.10.2020), 5 semaines pour l’IVG médicamenteuse.

Les démarches :

– Deux rendez-vous médicaux sont demandés avant de procéder à une IVG.
– En premier lieu, il est nécessaire de s’entretenir avec un médecin ou une sage-femme de votre choix, afin de recevoir toutes les informations nécessaires, vous proposer un entretien psycho-socia et recevoir un certificat attestant de votre demande. Ce certificat n’est évidemment pas engageant, vous pouvez changer d’avis jusqu’au dernier moment. Il est là pour prouver que vous avez eu les informations nécessaires, et obliger la patiente à observer un délai de réflexion minimum de 8 jours.
– Lors de la deuxième consultation, vous confirmez votre demande d’avortement par écrit au soignant qui pratiquera un examen gynécologique et une échographie afin de localiser l’embryon et dater précisément la date de début de grossesse.
– Un troisième rendez-vous est réalisé environ 3 semaines après l’IVG, avec dosage des bêtaHCG (vulgairement appelé « hormone de grossesse »). Il est primordial de ne pas oublier ce rendez-vous, qui permettra de confirmer que tout va bien et que l’ensemble de la grossesse a bien été évacuée. Une contraception vous sera prescrite lors de cette consultation si besoin.

Quelques précisions si vous êtes mineure :

– Vous devez obligatoirement être accompagnée de votre représentant légal ou d’une personne majeure de votre choix.
– Il n’est pas obligatoire d’avoir le consentement de ses parents pour procéder à l’IVG.
– L’entretien psycho-social est obligatoire pour les personnes mineures.

A savoir que peu importe votre âge, une sage-femme peut vous délivrer un arrêt de travail, conformément à l’article L.321-1 du code de la sécurité sociale.

4. Quels sont les effets secondaires d’une IVG ?

Les premiers effets d’une IVG à posteriori sont les saignements et les douleurs. Cependant, ses symptômes s’estompent au fur et à mesure.
Des douleurs lors des rapports sexuels peuvent subvenir (notamment pour les IVG chirurgicales).

Les complications possibles :

On vous rassure tout de suite, en France, l’IVG est pratiquée de façon sécurisée, le risque de complications est donc limité.

Cependant il peut subvenir à la suite d’une IVG :

– Hémorragies
– Infections / septicémie
– Perforation utérine (entre 1 et 4 cas pour mille)
– Déchirure du col de l’utérus (inférieur à 1%)
Si vous avez de fortes douleurs et/ou une fièvre supérieure à 38.5°C appelez directement le 15.

Et stop aux idées reçues, l’intervention volontaire de grossesse n’augmente pas le risque de fausse couche plus tard, ni de grossesse extra-utérine, ni de mort fœtal in utéro.
Quant à la stérilité, elle peut subvenir qu’en cas d’un syndrome rarissime, le syndrome d’Asherman. Il a lieu lorsque lors de l’intervention, un curetage important a été nécessaire et a endommagé les parties les plus profondes des muqueuses utérines. Désormais, La technique par aspiration limite beaucoup la réalisation de ces curetages, plus agressifs, autrefois réalisés.
De plus, conscients de ce risque, les gynécologues y prêtent beaucoup d’attention.

5. Quelques liens utiles

Pour trouver un.e gynécologue féministe et donc très ouvert sur le sujet près de chez vous :
https://gynandco.wordpress.com

Pour trouver un planning familial :
https://www.planning-familial.org/fr/node/151

Quelques articles de loi utiles sur l’IVG :
https://ivg.gouv.fr/ivg-un-droit-garanti-par-la-loi.html

 

Sources :

https://www.nouvelobs.com/politique/20170630.OBS1430/verbatim-l-integralite-du-discours-de-simone-veil-du-26-novembre-1974-sur-l-ivg.html

http://www.avortementancic.net/spip.php?article252

http://www.chirurgie-gynecologie.fr/page-chirurgie-gyn/ivg-curetage.html

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1551

Livre : les joies d’en bas