Sujet plutôt tabou, les fuites urinaires concernent pourtant 1 femme sur 3, pouvant même aller jusqu’à des problèmes d’incontinence urinaire. Cela perturbe grandement leur quotidien, elles n’osent pas toujours en parler, et elles entendent dire que c’est un phénomène normal en prenant de l’âge ou après avoir eu des enfants… Il existe pourtant des solutions que nous allons voir ensemble !

 

  • Qu’est-ce qu’une fuite urinaire chez la femme ?

Cela se manifeste par quelques gouttes d’urine qui s’échappent lors d’un fou rire, un éternuement, ou bien lorsque vous toussez, sautez, dansez, ou courrez… Cela peut être aussi des envies très pressantes d’aller aux toilettes avec une difficulté à vous retenir.

Au début cela peut être quelques gouttes, que l’on ne remarque même pas. Puis cela peut s’accentuer si rien n’est fait.

 

  • Qui peut être touché par l’incontinence urinaire ?

Les femmes les plus touchées sont celles ayant eu plusieurs enfants ou étant en surpoids. La grossesse, l’accouchement par voie basse, ainsi que la ménopause, participent au relâchement du périnée et aux fuites urinaires.

Les hommes peuvent aussi y être sujets, en particulier s’il y a des problèmes de santé au niveau de la prostate.

 

goutte d'eau

 

  • Qu’est-ce qui cause l’incontinence urinaire des femmes ?

La cause principale est l’affaiblissement des muscles du périnée, en raison de l’accouchement, de la ménopause, de la sédentarité, de la chirurgie, de l’obésité, etc. Les sphincters – ces muscles autour de l’urètre et de l’anus qui « ferment les sorties » – ne sont plus aussi efficaces qu’avant dans leur rôle obturateur, si bien que la vessie se vide de ses urines sans qu’elles ne soient retenues. Nous allons détailler certaines causes ci-dessous.

  • Un trouble de la zone du petit bassin ou du périnée

Cela peut venir d’un fibrome qui fait pression ou d’un utérus trop antéversé qui pèse sur la vessie. Une perte de tonicité des muscles du plancher pelvien dues à la sédentarité et au manque d’activité physique favorise également ce phénomène. Cela peut aussi être dû à un alitement prolongé ou une intervention chirurgicale pelvienne.

 

  • La grossesse :

Pendant la grossesse et lors de l’accouchement par voie basse, la vessie est mise à mal. Les ligaments suspenseurs qui maintiennent la vessie en place, ainsi que les fibres musculaires du périnée, peuvent être très étirés lors du passage de l’enfant et se retrouvent distendus. Il peut y avoir notamment ce que l’on appelle une « descente d’organes ». Tout cela favorise les fuites urinaires par la suite.

 

  • La ménopause

Lors de la ménopause, les tissus et ligaments suspenseurs vont perdre de leur tonicité. La vessie, très sensible à l’imprégnation en œstrogènes, peut devenir moins tonique du fait de la chute hormonale. Cela peut provoquer des fuites urinaires, ainsi qu’une tendance à avoir des cystites ou infections urinaires de façon plus fréquente. Pensez aussi à vérifier l’état de la colonne vertébrale au niveau des lombaires, car l’arthrose peut favoriser l’incontinence selon la zone touchée.

 

  • Quels solutions pour les fuites urinaires ?

Le phénomène n’est pas irréversible comme on peut parfois l’entendre dire. Il est possible d’apaiser certains effets voire même de supprimer complètement les fuites urinaires pour retrouver sa sérénité au quotidien.

Le temps de mettre ces solutions en place, pensez à votre confort et à rester au sec en toutes circonstances : portez des protections hygiéniques ou culottes menstruelles. Et pour éviter de trop se lever la nuit pour aller aux toilettes, il sera conseillé de boire dans la journée avant 18h. On évitera donc les tisanes le soir.

 

  • La rééducation périnéale

Il est possible de remuscler et rééduquer le périnée, pour retrouver une tonicité des fibres musculaires. Cela permet au plancher pelvien de faire son travail de soutien des organes (vessie, utérus et rectum) et aux sphincters de jouer leur rôle d’obturateur pour se retenir le temps d’aller aux toilettes. La rééducation périnéale est d’ailleurs systématiquement recommandée après un accouchement.

Des exercices accessibles à toutes personnes – y compris celles qui ne pratiquent pas d’activité physique – permettent un renforcement de la zone. Il suffit de contracter et relâcher les muscles du périnée de façon douce et régulière, comme si on se retenait d’aller aux toilettes. Cela peut être combiné au rythme de la respiration. Pour obtenir un résultat, il est recommandé de le faire pendant 5 minutes tous les matins et tous les soirs. Le pilates est également un sport recommandé dans cette situation. Demandez conseil à votre sage-femme ou gynécologue.

Les œufs de yoni – pierres polies et arrondies de la forme d’un œuf – ont aussi un véritable bienfait sur la santé du périnée, du vagin et de toute la zone du petit bassin. Au contact de la pierre, un vrai travail énergétique s’effectue, avec une tonification, une meilleure circulation et lubrification.

 

  • L’ostéopathie

Comme le décrit Catherine Rybus, dans son livre « Si j’avais su ! L’ostéopathie au service des femmes », l’ostéopathe va pouvoir « réharmoniser par voie interne le plancher de votre vessie » et la remonter si la tête du bébé l’a descendu par exemple. Il va aussi libérer les éventuelles tensions du périnée qui « compriment latéralement votre vessie comme un étau » et qui donnent une sensation de pesanteur et une envie plus fréquente d’uriner.

 

  • Hygiène de vie & naturopathie

    • Boire à sa soif, sans forcer. Perdre du poids si nécessaire.
    • Cure d’eau de quinton de 3 mois, pour reminéraliser les sphincters et les tissus.
    • Eviter les aliments diurétiques (qui stimulent l’élimination de l’urine) comme le thé, l’ail, l’oignon, le poireau… ainsi que les sodas, le café et les boissons pétillantes qui sollicite beaucoup la vessie.
    • Se masser le bas-ventre 2 – 6 fois / jour selon les besoins, pendant 7 jours, pour tonifier les tissus profonds de la sphère uro-génitale, avec des huiles essentielles tonifiantes et astringentes : cyprès toujours vert + ciste ladanifère + géranium bourbon, que l’on mélange à une huile végétale. Déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes et en cas d’antécédents de pathologie hormonodépendante.
    • Faire une cure de gemmothérapie : bourgeons de chêne, figuier et myrtillier : 5-10 gouttes de chaque à boire dans un peu d’eau avant les repas, en cure de 3 semaines.
    • Boire des tisanes de plantes : prêle des champs (plante reminéralisante qui renforce et régénère les tissus et les muqueuses), busserole (plante astringente qui tonifie l’ensemble du système urinaire), etc.

 

  • La chirurgie quand cela est vraiment nécessaire

Si vous êtes à un stade avancé, et que rien n’a fonctionner, la chirurgie peut être une solution pour mettre fin aux fuites urinaires. L’ostéopathe Catherine Rybus explique qu’un chirurgien peut « installer un dispositif interne qui remplacera vos ligaments distendus qui ne font plus le boulot de suspension de vos organes. De la simple bandelette qui soutiendra votre vessie au dispositif plus complexe quand tout est distendu, il y a des solutions ».

 

Pour vous accompagner et avoir des conseils personnalisés selon votre situation, demandez conseil à votre sage-femme, gynécologue ou naturopathe !

 

Audrey Arène

Naturopathe & réflexologue

www.audreyarene.com

 

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